mercredi 11 février 2009

Bernier à l'ADQ + La dette du Québec

Commençons d'abord ce billet bicéphale par le mouvement (sic) qui demande à Maxime Bernier de se présenter à la course à la direction de l'Action démocratique du Québec. M. Bernier a un parcours intellectuel et professionnel qui ferait rougir certains messieurs revendiquant offieusement la tête du parti. Comme je le disais à Matthew S. Drysdale, la profession de foi de M. Bernier envers le libertarianisme ne fait aucun doute :
You're probably right Matthew : Mr Bernier would be a great PM for Quebec. I only hope he'll make the jump to the ADQ as this party badly needs a right-leaning and somewhat nationalist leader.
As for now, Bernier is a goot fit for sure for the Tories. He's not one of those statists currently running the party. He's able to tackle difficult issues with a libertarian perspective, which is quite exceptional for a canadian politician.
Vincent Geloso nous rappelle avec raison que l'aventure de M. Bernier aux Affaires Étrangères a été tumultueuse. Permettez-moi une réponse bêbêtement académique : "Ce n'est pas grave, les affaires étrangères sont une compétence exclusivement fédérale (foutez-moi la paix avec la doctrine Gérin-Lajoie). En conséquence, le manque de maîtrise qu'a M. Bernier pour les dossiers internationaux ne peuvent pas lui nuire comme chef de parti ou comme PM". Je dois cependant admettre que "mon gros bon sens" me dit que l'épisode Bernier-Couillard restera ancré dans l'imaginaire collectif québécois pour un bon boutt'temps. Malgré cette petite crainte, j'appuierais sans aucun doute la candidature de M. Bernier. Imparfaite, certes, mais qui dit mieux maintenant que Michel Kelly-Gagnon n'est plus dans le coup ?

La dette du Québec

Si vous n'êtes pas au courant, sachez d'abord, que la ministre des Finances Monique Jérôme Forget nous promet dorénavant qu'il y aura un déficit en 2009. Pourquoi ? Faisons un petit exercice. Les revenus de Québec baissent. Et disons que les dépenses restent stables. Résultat : les surplus seront moins grands ou les déficits seront plus grands. Imaginons ensuite que Québec décide que les dépenses publiques augmentent. Les surplus seront donc encore moins grands ou les déficits seront encore plus grands. En fait, on risque plus d'être en déficit qu'autre chose. Sachant que la dette publique du Québec a crû en période de croissance économique, que se passera-t-il avec elle en récession ?

Notons que c'est sans surprise que le déficit zéro prend le bord lors d'une récession. Les réseaux néo-corporatistes sont tellement bien mis en place qu'il devient périlleux pour les gouvernements occidentaux de ne pas aider ceux qui crient au secours à coups de milliards. Imaginez alors si un gouvernement manque de courage : la mission passe de périlleuse à impensable. Voilà pourquoi les dépenses de Québec ne sont pas réduites proportionnellement au revenu rentrant dans les coffres de Québec.

Des blogueurs de droite ont beau nous répéter ad nauseam, non sans raison d'ailleurs, que les plans de relance gouvernementaux, "couplée à une hausse majeure de l’endettement drainant ainsi les capitaux privés" (gracieuseté du lexique Geloso-Breguet), pour "stimuler" l'économie ne rapportent pas souvent les résultats souhaités, la population perçoit malheureusement comme une nécessité l'intervention de l'État lors des récessions. M. Harper a constaté en novembre 2008 que de laisser faire le marché s'auto-réguler était perçu comme un abandon et un manque de sensibilité envers les travailleurs des industries qui ne se rentabilisent pas. La destruction créatrice ? Jamais entendu parler de ! Pardonnez-moi le cliché, mais on a tellement les politiciens qu'on mérite ! Vous en voulez de l'interventionnisme, en v'là ! L'endettement ? Les générations futures ? In the long run, we're all dead, qu'ils disent. Voilà pourquoi les dépenses de Québec augmentent alors que ses rentrées d'argebt diminuent.

Le mot de la fin revient à la ministre des Finances : "Je peux confirmer qu'il y aura un déficit en 2009. Tous les gouvernements doivent assumer, je suis une ardente défenderesse du déficit zéro, mais les gouvernements sont là pour intervenir quand il le faut". Je devrais aller relire Bastiat ou Hayek. Je crois en avoir manqué un bout...

P.S. Je ne pouvais pas ne pas parler de l'élection en Israël. C'est pourtant ce que je fais. J'en parle demain. Promis. Juré. Craché.

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