samedi 21 février 2009

Que se passe-t-il avec M. Pratte ? + PQ + Netanyahou

D'abord merci à M. Pratte. Sa chronique de ce matin à mis un terme à ma phase "nonchalent-post-réveil". Oui monsieur, ça vous réveillait un homme ce papier-là. Ça vous réveillait un libertarien, je voulais dire.

Le capitalisme abîmé

La chute du mur de Berlin consacrait le triomphe du libéralisme sur son plus coriace rival idéologique. Le monde entier allait devenir capitaliste, d'une manière ou d'une autre, de Dallas à Shanghai.

Les capitalistes ont été mauvais gagnants. Ils ont poussé leur système à l'extrême, c'est-à-dire à l'excès. Risques démesurés, appétits gargantuesques, incompétence et arrogance crasses, fraudes éhontées ont marqué la dernière décennie. Jusqu'à ce que les colonnes du temple s'effondrent.

Aujourd'hui, ceux-là mêmes qui prônaient l'État minceur supplient les gouvernements de venir à leur rescousse. L'industrie automobile à elle seule dit avoir besoin d'une bouée de sauvetage de 40 milliards. Et un apôtre du libre marché aussi convaincu que l'ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, souhaite la nationalisation temporaire de certaines banques.

Les réactions des marchés boursiers aux gigantesques plans de relance mis en place par les gouvernements laissent croire que les investisseurs en veulent encore plus. C'est-à-dire qu'ils veulent que la relance vienne de l'État, que ce dernier assume tous les risques. Quels frileux capitalistes que voilà!

Quand le président français, Nicolas Sarkozy, s'est mis à parler en septembre dernier de la nécessité de «refonder le capitalisme», plusieurs ont souri devant l'ambition démesurée qu'il exprimait là. C'est pourtant ce qui sera nécessaire.

Malgré ses faiblesses et ses effets pervers, le capitalisme a fait ses preuves. Pour paraphraser Churchill au sujet de la démocratie, c'est le pire système économique à l'exception de tous les autres que l'humanité a essayés. C'est pourquoi ceux qui croient au libéralisme économique, à commencer par les gouvernants et les dirigeants d'entreprise, doivent s'investir dans la nécessaire réforme.

Rien n'est plus troublant, dans la déroute actuelle, que la multiplication des cas d'abus à de très hauts niveaux. À l'affaire Madoff a succédé l'affaire Stanford. Les dirigeants d'une entreprise aussi respectée que Research in Motion (fabricant du BlackBerry) viennent de verser à la Commission des valeurs mobilières américaine (Securities and Exchange Commission) des amendes totalisant 1,4 million dans une cause d'antidatage d'options. La grande banque suisse UBS a pour sa part admis sa responsabilité pour les «activités irrégulières» survenues dans ses transactions avec des déposants américains. Selon Washington, UBS attirait ces clients en leur faisant valoir qu'ils pourraient échapper au fisc.

C'est l'État qui a mis au jour ces abus, l'État qui permettra aux économies de se relever, l'État qui amortira les chocs subis par les citoyens - pertes financières, chômage. En contrepartie, les gouvernements voudront renforcer leurs contrôles sur le système économique. À moyen terme, cela nuira à l'efficacité de celui-ci.

Tout contrits et dociles qu'ils soient aujourd'hui, les capitalistes en viendront bientôt à se plaindre de la lourdeur des lois, des règlements, de la bureaucratie. Toutefois, leur crédibilité sera nulle. Et ils n'auront qu'eux-mêmes à blâmer.
Le passage en vert : De un, sur les risques démesurés, c'est plus facile d'être prêt à prendre des risques démesurés quand on sait que l'État interventionniste va faire un bailout si ça ne tourne pas rond. Sans la "refondation du capitalisme", les capitalistes auraient sans doute été plus responsables. Parce que, oui, la "refondation du capitalisme" que Sarko prône a été mise en place il y a longtemps. Sarko peut bien souhaiter ce qu'il veut, mais le capitalisme a déjà été remodelé par l'État. Parlez-en aux deux Roosevelt. De deux, ce n'est pas à cause de certains criminels ou de certains irresponsables que nous sommes en récession.

Le passage en rouge : ces corporatistes ont déjà voulu d'un État minceur ?
Le passage en bleu : on parle d'un étatiste...
Le passage en orange : j'ajouterais au texte : "ou laissent croire que les investisseurs ne croient pas à l'effacité de telles plans de relance."
Le passage en mauve : nous nous en plaignons déjà, chose !

J'ai de l'estime pour M. Pratte. Mais il s'est trompé de cible. Il ne devrait pas attaqué le capitalisme. Mais plutôt le corporatisme.

PQ v. RRQ

J'aimerais prendre le temps de saluer la décision du PQ de rompre les liens avec le non-démocrate Patrick Bourgeois. Certains diront que le PQ et le Bloc auraient du faire ça il y a longtemps. Ils n'ont peut-être pas tort. Après tout, les deux grands partis souverainistes ont dévié des fonds publics (provenant de l'enveloppe budgétaire allouée aux parlementaires) pour subventionner, via l'achat d'environ 80 % des pubs du mensuel Le Québécois, de la propagande indépendantiste. Les souverainistes mainstream ont compris, et j'en suis content pour eux (!), que lorsque souverainisme rime avec terrorisme, c'est le temps de faire quelque chose. Comme de rompre par exemple.

Si vous ne connaissez pas le RRQ, jugez-en par vous-mêmes ici et ici.

La droite au pouvoir en Israël

Je suis loin d'être un expert du conflit en Terre Sainte. Je suis encore moins expert des institutions israéliennes. Alors, j'ignore si le geste du président Peres est surprenant ou non. Moi, en tout cas, ça ma surpris ! Agréablement surpris, devrais-je dire. Le président, nommé par l'ancienne députation et ancien PM issu du parti travailliste, a invité Benyamin Netanyahou du Likoud a formé un gouvernement. Bien que M. Netanyahou a plus de chances de former une coalition qui ne soit pas totalement hétérogène que pouvait le faire Mme Livni (voir mon post antérieur sur le sujet), je croyais néanmoins que le président aurait d'abord invité la chef du parti ayant recueilli la plus grande proportion de votes (et de sièges) à former un gouvernement de coalition. M. Netanyahou voudrait faire un gouvernement

Mais, bon. Je commencerai pas à chiâler quand même ? Le résultat est que le Likoud sera la principale composante de la coalition gouvernementale. Je ne m'en plaindrai surtout pas.

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