jeudi 25 juin 2009

En deuil (2)

Je ne me réjouis pas du départ de François Legault de la vie politique. M. Legault était un lucide soucieux des générations futures et de la pauvreté relative du Québec (par rapport au reste du Canada). Tirant plutôt son héritage politique de Lucien Bouchard. il ne faisait pas partie de la gauche sociale-démocrate qui fait la pluie et le beau temps au sein du Parti québécois. Son départ explique pourquoi il a osé exhorter les libéraux de s'attaquer aux vaches sacrées du modèle québécois. En effet, on peut croire que M. Legault parlait en son nom personnel sans se soucier des froncements de sourcils de quelques apparatchiks péquistes.

La vague lueur de changement provenant du PQ s'éteint. Le faible vent de changement se trouvant au PLQ est asphyxié par le manque de vision et de courage politique du gouvernement Charest. Reste l'ADQ et sa course à la chefferie, pourvu que les gens écoutent. Snobber l'ADQ et les quatre candidats à sa chefferie est le meilleur moyen pour le Québec de continuer de s'enfoncer dans "le déclin tranquille".

En deuil

J'étais de ceux qui voyaient en Mark Sanford le candidat idéal pour battre Barack Obama lors des présidentielles de 2012. Maintenant qu'il a fait un fou de lui, ses ambitions présidentielles ont fondu comme neige au soleil. À mon avis, ce n'est pas tant l'adultère qui cause problème que le scénario burlesque de ce scandale.

C'est vraiment dommage, rarement voit-on un gouvernant être autant inspiré par la liberté individuelle. Peut-être aurait-il dû restreindre la sienne !

Ce que Karl Rove en pense : ici.

Voici un vidéo de Mark Sanford, version pré-juin2009 :


mardi 23 juin 2009

Réponse à Sébastien Proulx

Lettre ouverte de Sébastien Proulx parue dans La Presse ce matin
«L'ADQ n'est pas de droite - Si l'Action démocratique se radicalise, elle ne gouvernera jamais .

Depuis l'élection du 8 décembre dernier, et encore davantage depuis qu'on a abondamment discuté de la course à la chefferie de l'ADQ, il est question de la droite et de la gauche, de ce que devrait être ou ne pas être l'Action démocratique du Québec.

D'entrée de jeu, je dois vous faire cette confidence qui m'attirera certainement les foudres d'une tranche d'adéquistes qui se voit grosse comme un boeuf, mais qui ressemble davantage à la grenouille : je ne suis pas à droite, au sens où le souhaiteraient les dogmatiques, les idéologues et les Jean-François Plante de ce monde.

Lorsque l'ADQ a été fondée (je n'y étais pas), elle l'a été sur la base de valeurs qui nous sont chères. Valeurs qui, à l'époque comme aujourd'hui, ne sont pas la réalité quotidienne des deux formations politiques dites traditionnelles, comme la liberté de choisir ce qui est bon pour soi et le devoir incontestable de cesser d'hypothéquer nos enfants pour les caprices d'aujourd'hui, notamment.

Comme le dit si bien l'ex-députée Marie Grégoire, redonner à l'État du Québec sa capacité d'être généreux, c'est justement cette recherche de créer plus de richesses dans cette société qui s'appauvrit, dans le but évident de mieux préparer l'avenir et surtout, d'en faire bénéficier nos concitoyens, comme nous le ferions pour nos familles respectives.

Je m'inscris en faux

Depuis quelques semaines, revient constamment ce besoin pour certains de réaffirmer qu'ils militent à l'ADQ parce que c'est le véhicule de la droite au Québec. Je m'inscris en faux contre cette pratique. L'ADQ ce n'est pas le véhicule de la droite. Sinon j'en descends aussitôt.

L'ADQ c'est plutôt un parti qui ressemble étrangement à notre société québécoise pour sa grande capacité d'intégration. On y retrouve des gens de droite et des gens qui ont des affinités avec la gauche, on y retrouve des militants qui proviennent des familles souverainistes et fédéralistes, parce que nous acceptons la différence et sommes capables de travailler dans un but commun; servir le Québec et son bien le plus précieux : vous.

Certains prétendent que l'ADQ s'est perdue parce qu'elle ne répond plus aux aspirations de la droite québécoise (existe-t-elle cette droite en dehors de quelques esprits qui s'agitent ?). C'est à mon avis faire le mauvais constat.

Si l'ADQ a perdu son statut et la place qu'elle avait difficilement gagnée en 2007, c'est qu'elle a manqué de crédibilité et de cohérence. Nous aurions promis la lune qu'on ne nous aurait pas crus. C'est cruel vous me direz, mais c'est ainsi.

Économie et humanisme

Si l'ADQ veut retrouver le poids politique qu'elle a perdu et ensuite prétendre offrir aux Québécois d'assumer leur destinée, notre formation devra être bien davantage qu'une agence de diffusion des idées de la droite. Elle devra démontrer son véritable profil, celui d'une véritable troisième voie. Celle où un gouvernement sera capable de concilier développement économique et humanisme, celle où un Premier ministre sera capable de convaincre qu'il a suffisamment d'amour pour le Québec et sa jeunesse pour combattre corps et âmes ceux qui veulent endetter la prochaine génération pour payer l'épicerie.

Pour être cette troisième voie, l'ADQ ne doit pas se vampiriser, pire, se radicaliser. Sinon, elle ne gouvernera jamais.

Si les membres et le prochain chef choisissent de promouvoir et de se définir par l'idéologie de la droite au détriment des raisons et des valeurs qui ont amené les fondateurs à se réunir et à rêver d'un projet de société qui n'est taxé d'aucune étiquette de droite ou de gauche, la route sera longue et ardue.

Si c'est la voie retenue, plusieurs se poseront les questions suivantes : Y a-t-il de la place pour moi? Est-ce que c'est le Québec que je souhaite voir se développer sous mes yeux ? Est-ce un projet de société inclusif pour tous les Québécois?

Déçus, ils quitteront vers d'autres lieux politiques. Et c'est ailleurs que j'irai travailler à construire un Québec meilleur pour mes enfants.

Sébastien Proulx

L'auteur est avocat chez Heenan Blaikie. Il a été leader parlementaire de l'Action démocratique de 2007 à 2008.

Source: La Presse Publié le 23 juin 2009 à 05h00

Réponse de Jean-François Levert, qui sera envoyée à La Presse :

M. Proulx,

Je vous fais une confession d'entrée de jeu : je suis de droite. En suis-je un idéologue ou un dogmatique ? J'espère que non ! Sincèrement, ça ne m'empêche d'être assez pragmatique et lucide pour savoir que si un(e) candidat(e) très conservateur prenait la tête de l'ADQ, ce parti serait marginalisé et aurait un pied dans la tombe. Avez-vous écrit ce texte pour rassurer des gens inquiets de la candidature de Jean-François Plante ou de la proximité entre l'ADQ et les Conservateurs de Harper ? Je l'ignore. Évidemment, il serait dangereux, pour l'ADQ, d'avoir un chef tellement à droite que le centre de l'échiquier politique québécois devienne inaccessible. Cependant, l'ADQ se doit d'être de centre-droite. Ce raisonnement s'explique t-il par mon orientation idéologique ? Non. Par mon dogmatisme ? Même pas proche ! Je crois tout simplement que c'est au centre-droite que l'ADQ a le plus de chances de faire le plein de vote et d'accéder au pouvoir. Les Québécois ont déjà le choix entre un parti souverainiste et sa copie-conforme fédéraliste. Ils ne seront vraisemblement pas emballés par une version autonomiste de ce même modèle.

Vous estimez que l'ADQ a notamment comme valeurs "la liberté de choisir ce qui est bon pour soi et le devoir incontestable de cesser d'hypothéquer nos enfants pour les caprices d'aujourd'hui" ou d'être en faveur de la création de la richesse pour mieux la redistribuer. Parfaitement d'accord. Or, ces priorités sont, au Québec du moins, davantage défendues par les gens de droite ou, si vous préférez, de centre-droite. Vous suggérez que que ces valeurs sont au centre de la fondation de l'ADQ et qu'elles doivent continuer d'inspirer le parti. Parfaitement d'accord ! Mais je me permets de répéter que ce sont des valeurs qui rejoignent plus la droite québécoise que la gauche.

J'en reviens à la première pensée que j'ai eu en lisant votre texte : il s'agit probablement d'une tentative pour rassurer les gens. Quant aux désaccords que j'exprime, j'aime mieux croire qu'ils proviennent de la différence de nos conceptualisations de la droite québécoise. Moi, quand je pense à la droite québécoise le moindrement mainstream, je pense au centre-droite ! Je pense à des gens qui veulent réformer la gouvernance québécoise non pas parce que c'est souhaitable, mais parce que c'est nécessaire si nous voulons atteindre un certain niveau d'équité inter-générationnelle. Si pour vous la droite c'est le Reaganisme, le Thatcherisme ou le Parti républicain (USA), alors vous avez parfaitement raison, l'ADQ n'est pas et ne sera jamais de droite. Quant aux valeurs que vous avez défendues dans votre texte, ça me fait penser immédiatement à cette droite québécoise que je viens de décrire très brièvement.

Vous avez prouvé que vous aviez l'étoffe d'un excellent député et d'un parlementaire redoutable. Vous êtes certes un atout pour l'ADQ et c'est pourquoi j'espère que nous ne quitterez pas le navire si, un jour, le parti s'affirme plus qu'aujourd'hui en tant qu'alternative de centre-droite.

P.S. Un passage m'a fait sourire : "nous acceptons la différence et sommes capables de travailler dans un but commun; servir le Québec et son bien le plus précieux : vous". M. Proulx, à peu près tous les partis politiques dans des démocraties saines peuvent en dire autant !

Bonnes festivités !

Bernard Landry dresse un court historique de la fête de ce soir et de demain. Alors, Bonne fête nationale du Québec et/ou Bonne Saint-Jean-Baptiste et/ou Bon solstice d'été !

Pour ma part, je vais célébrer d'abord et avant tout la Fête nationale. Il s'agit d'une occasion spéciale où on réalise qu'un petit quelque chose nous lie à chacun des autres Québécois. Nous réalisons alors que nous sommes une grande nation, reconnue par certains de nos plus précieux alliés.

Surtout, ne laissons pas des iconoclastes schizophrènes et des boit-sans-soifs gâcher notre Fête. S'il y a des jocrisses sur scène qui politisent trop la fête à votre goût, prenez une Molson Dry que vous servent les Chevaliers de Colomb (ou une bouteille d'eau si vous êtes grippés comme moi !).

L'Iran pour les nuls

Glenn Beck nous fait un petit briefing du régime islamiste et des contestations des dix derniers jours. En conclusion, Beck nous rappelle que les États-Unis doivent cesser d'être silencieux.

dimanche 21 juin 2009

Parlons sports : la vente du CH

Nous savons que les frères Molson ont acheté 80,1 % des parts du Canadien alors que 19,9 % continueront d'appartenir au brasseur Molson-Coors. J'entends à gauche et à droite à quel point les Geoffrey, Andrew et Justin Molson sont bons, sont des passionnés du hockey et représentaient un choix naturel pour prendre le contrôle de club de hockey sur glace le plus prestigieux au monde. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil...

J'entends à gauche et à droite à quel point c'est bien que ce ne soit pas le triumvirat Quebecor-Angélil-FTQ qui se soit porté acquéreur du club. Une tentative de convergence ratée, dit-on.

J'entends à gauche et à droite à quel point c'est fantastique que le Canadien soit détenu par des gens d'ici.

Primo, je n'ai rien à redire sur les frères Molson. À eux de faire leurs preuves. Mais sont-ils un choix naturel ? Je ne crois pas que cela puisse exister ! On peut certes dire que les frères ont grandi à l'époque à laquelle leurs aînés étaient les propriétaires du club. On peut ajouter que Geoffrey était membre du C.A. du Canadien. Mais est-ce que cela fait d'eux des meilleurs futurs propriétaires que les autres groupes ayant bidé ? Je ne crois pas. La seule chose qu'on puisse dire objectivement et avec certitude, c'est que les Molson, malgré leur relatif jeune âge, représentent, symboliquement, la continuité. Continuité n'est pas synonyme de choix naturel.

Deuzio, arrêtons ce Quebecor bashing ! Vous n'aimez pas la convergence ? En effet, on aurait été bien servi à ce chapitre : CH-Journal de Montréal-Vidéotron-Productions J-TVA-TVA Sports-alouette. Mais est-ce mieux présentement ? Rappelons que le groupe BCE est fort probablement un partenaire des frères Molson. Or, nous aurons droit à une convergence que, soudainement, plus personne dénonce : CH-RDS. BCE détient en effet 15% des parts de RDS. Si Péladeau avait acheté le club, la valeur de RDS aurait passé de 300 millions $ à 75 millions $. Ne soyons pas naïfs, les visées de BCE et de Quebecor était les mêmes : les Molson ont l'équipe, RDS a la programmation ; Quebecor a l'équipe, il crée TVA-Sports qui acquière les droits de télédiffusion du CH une fois le présent contrat liant le club exclusivement à RDS prend fin. Au moins, la création de TVA-Sports aurait mis fin au monopole de RDS. Ce réseau n'est pas en compétition avec d'autres réseaux de sports francophones, et ça paraît tant sur le contenu que sur le contenant. Pire, puisque RDS est à la merci de son principal client (le CH), envers qui la chaîne est redevable de la hausse de 400% de sa valeur, RDS couvre les activités du Canadien avec un zèle qui me rappelle celui de La Pravda qui n'hésitait pas de glorifier les merveilleux leaders bienfaisants qui ont terrorisé les citoyens de l'URSS. Ainsi, même si BCE n'est pas un partenaire des frères Molson, RDS est dans un tel état de dépendance envers le CH que nous pouvons associer cela au phénomène de convergence. Notons par ailleurs qu'il n'est pas impossible que TVA lance tout de même un réseau de sports.

Tertio, j'avoue que c'est bin le fun que ce soit des locaux qui possèdent notre club. Mais est-ce mieux pour autant ? Je dresse un bilan presque parfait du règne Gillett. Lors de l'achat du CH par l'Américain, le nouvel amphithéâtre n'était pas plein à tous les matchs, loin de là. Les Canadiens n'étaient pas in. Or, ça fait maintenant quatre saisons que la maison est paquetée à toutes les rencontres et le Canadien est plus populaire maintenant qu'il ne l'était dans les années 1970 alors que le défilé de la Coupe Stanley était aussi fréquent que celui de la St-Jean-Baptiste et que Guy Lafleur comptait à lui-seul autant que le premier trio actuel. Plus important, le Canadien, une entreprise déficitaire en 2001, dégage dorénavant de larges profits. Notez bien que mon opinion est basée sur la prémisse que je ne tiens pas le propriétaire imputable des performances de l'équipe sur la glace.

Bref, la vente du Canadien ne me déçoit pas. Mais il n'y a vraiment pas de quoi porter des lunettes roses.

vendredi 19 juin 2009

Parlons démocratie (2)

Cette fois-ci, je ne parlerai pas d'un sujet qui fait présentement la une, loin de là. Parlons de la démocratie en Albanie. L'Albanie n'a pas une grande tradition démocratique. Elle a été le dernier pays du Bloc de l'Est à permettre le pluralisme politique, à mettre en place des institutions démocratiques et à rompre avec l'économie planifiée. Le régime parlementaire en place prévoit l'élection du président par la législature nationale. Le mode de scrutin est mixte (à la fois scrutin pluralitaire comme au Canada et proportionnel).

Je viens de lire l'article de Klarita Gërxhani et d'Arthur Schram au sujet du clientélisme en Albanie et de la polarisation chez les électeurs qu'on y retrouve. Il a été accepté par la revue Public Choice en 2009.

Qu'est ce que le clientélisme ? "Le clientélisme, s'entend ici, comme une faveur injustifiée accordée à une personne, souvent en échange de son vote" (Wikipedia).
Quelle forme prend la polarisation en Albanie ? On ne parle pas ici d'une polarisation gauche-droite, mais plutôt d'une polarisation clanique et culturelle. Dans le nord du pays, nous y trouvons le clan des Ghegs alors que dans le sud le clan des Tosks est majoritaire.

Les deux grands partis en Albanie sont le Parti démocratique (DPA), au pouvoir de 1992 à 1997 et depuis 2005 et le Parti socialiste (SPA), au pouvoir de 1997 à 2005. Le DPA est plus fort dans le nord du pays (clan des Ghegs) tandis que le SPA domine dans le sud (clan des Tosks). Les deux partis ainsi que leurs clans respectifs ont tissé des liens clientélistes. En autres mots, le parti aux pouvoirs donne systématiquement des cadeaux à ses clients (i.e. ses électeurs). Gërxhani et Schram donnent comme exemple le fait qu'en 1994, les taux de chômage des deux régions étaient semblables tandis que les citoyens de Nord (le DPA était au pouvoir) touchaient des chèques d'assistance-social dans une proportion trois fois plus grande !

Ce clientélisme donne davantage de vigueur une polarisation existant préalablement entre le nord et le sud, en ce sens que les citoyens du nord (admettons que le DPA soit au pouvoir) vont appuyer le gouvernement formé par le DPA peu importe la situation. Le Sud, à l'inverse, tiendra le gouvernement pour responsable, à tort ou à raison, le moindrement que la situation économique se détériore. Seul le centre du pays, moins homogène (claniquement parlant!) et donc moins sujet au clientélisme, risque de juger le gouvernement en place par le bien-fondé et l'efficacité de ses politiques.

Même s'il peut y avoir des similitudes avec le comportement des électeurs des démocraties libérales, les électeurs albanais ont un comportement influencé par le clientélisme. Ainsi, les albanais sont sensibles, comme nous, à l'augmentation du chômage, ce qui résulte à une baisse de l'appui au parti gouvernemental, ici comme là-bas. De plus, comme on peut le voir au sein de sociétés polarisées, des électeurs provenant de régions différentes votent selon des patterns différents. Ainsi, selon le modèle des auteurs de l'article, une augmentation du chômage de 10 % à 20 % en 1996 aurait fait perdre 2% des intentions de vote au DPA dans le nord et 17% dans le sud. Par contre, le clientélisme en Albanie catalyse cette polarisation. Les électeurs du Nord ont plus tendance à banaliser un mauvais bilan du DPA et à dramatiser un tel bilan s'il provient d'un gouvernement socialiste. On peut dire la même chose des électeurs du Sud par rapport au SPA. Pour contrer le clientélisme, il n'y a pas de solution miracle. La solution passe sans doute par un renforcement de l'éthique des politiciens albanais.

Les auteurs n'ont pas soulevé le point suivant, pourtant fondamental : dans un régime communiste, les citoyens ne savaient pas ce qu'est le chômage. Ils avaient un boulot garanti. La main-d'œuvre n'était vraiment pas efficace puisque le congédiement et la mise à pied n'existait pas comme moyen de dissuasion. En plus, au travail comme dans les milieux politiques , il y avait beaucoup de corruption. Depuis la chute du communisme et la naissance de l'économie de marché, les gens ont commencé à savoir ce qu'était le chômage, d'autant plus qu'avec l'économie de marché et la libéralisation des échanges, l'inefficacité et le manque de compétitivité ne pardonne pas, à moins que l'industrie en question soit subventionnée systématiquement à tour de bras. Or, les électeurs et les entreprises des anciens pays communistes n'ont pas encore perdu le réflexe de se tourner vers le gouvernement pour renflouer des industries non rentables. Le problème est qu'une grande partie de l'économie aurait besoin d'être subventionnée, étant donné que ces industries ne sont pas compétitives sur les marchés mondiaux. Les finances publiques de ces pays étant dans un état précaire, le gouvernement ne peut pas combler les attentes démesurées qu'ont ces industries non compétitives de même que les électeurs en général.

Comment choisir les gens et les industries qui auront la chance d'avoir un coup de main du gouvernement ? En achetant les électeurs fidèles du parti ! Les gouvernants aident donc leurs bases électorales fidèles en leur accordant des cadeaux. Inutile d'ajouter que ces faveurs sont en partie financées par les payeurs de taxes appuyant des formations politiques de l'opposition.

Bref, comme c'est notamment le cas en Géorgie, on ne semble pas comprendre que la richesse provient du labeur et que tout ce que le gouvernement peut faire, c'est redistribuer la richesse. À leur décharge, il faut avouer qu'il doit être difficile pour un peuple de se débarrasser en moins de vingt ans d'une culture de corruption et de pognage de cul qui a été institutionnalisée dans les régimes communistes.

Source : Gërxhani, Klarita et Arthur Schram. 2009. Clientelism and polarized voting: empirical evidence. Dans Public Choice. Disponible ici.

Parlons démocratie

Pourquoi pas parler d'un véritable régime démocratique ?
video

Concernant mes cheveux, je me les fais couper d'ici 48 heures...

mercredi 17 juin 2009

J'aime un peu, beaucoup, passionnément... (3)

Le camp du changement n'aime pas Pascale Déry de TVA.

Dans la conclusion de son dernier reportage, diffusée au TVA 18h d'hier soir et portant sur les violences à Montréal-Nord, la journaliste nous fait part de sa brillante réflexion :
"Mais quel est le véritable problème ? Est-ce que ce sont des groupuscules qui font la loi et qui dérangent ? Est-ce que ce sont plutôt les policiers qui ont de la difficulté à intervenir auprès de ces jeunes-là ? C'est difficile à dire, quoiqu'il en soit, les résidents ne souhaitent qu'une seule chose : c'est retrouver un arrondissement paisible."
Son reportage (c'est bien un reportage de Pascale Déry et non pas de Karine Déry).

La réaction sensée du ministre de la sécurité publique du Québec Jacques Dupuis ainsi que la triste réponse de la députée de Bourassa-Sauvé Line Beauchamp.

La réaction de Luck Mervil.


Premièrement, je répondrai à M. Mervil. Ce n'est pas un problème de société. Le problème, c'est les criminels de l'arrondissement qui terrorisent les autres habitants du quartier et qui s'en prennent aux forces de l'ordre. Comprenez-moi bien, ce n'est pas à cause que vous partagez le même héritage ethnique avec certains individus qu'il faut défendre ces individus lorsqu'ils commettent l'indéfendable.

M. Mervil, la police doit "assurer la sécurité des personnes et des biens en faisant appliquer la loi" (Wikipedia). Elle est un instrument de répression de l'État. Un des rôles fondamentaux de l'État (le plus important à mon avis) est d'assurer le respect de la propriété privée. Lorsque la propriété privée est menacée, il est normal que l'État prenne les moyens appropriés pour la protéger. Le moyen proportionnel aux atteintes à la propriété privée à Montréal-Nord est la restauration de l'ordre public par les forces policières. S'il y a quelque chose là-dedans que vous ne comprenez pas, contactez-moi : jean-francois.levert@umontreal.ca.

Deuxièmement, je répondrai à Mme Déry. Vous vous êtes demandée, en ondes, si ce sont les criminels ou les policiers qui constituent le véritable problème. Suite à des crimes, vous vous demandez si ce sont les criminels ou les policiers qui en sont les responsables. En fait, je ne suis même pas capable de vous répondre. J'en suis juste bouche bée. Vous n'êtes certes pas une conne. J'ai consulté votre biographie. C'est seulement votre jugement qui, dans ce cas-ci, a été franchement mauvais.

mardi 16 juin 2009

Comment perdre toute crédibilité

Dans un texte d'opinion, les opinions avancées peuvent rarement être bonnes ou mauvaises. C'est à l'auteur de bien défendre ses opinions par son argumentaire ou grâce à son expertise. Les opinions se basent notamment sur des faits. Les faits apportés se doivent d'être vrais. Sinon, la crédibilité du texte en prend pour son rhume.

Je lisais ce matin le texte d'opinion de Sébastien Dhavernas, comédien et candidat du PLC dans Outremont lors des dernières élections fédérales. M. Dhavernas soutenait qu'il était important que la culture demeure un domaine à compétence partagée entre Ottawa et Québec et non pas une compétence exclusive au Québec. Peu importe la position que j'ai sur le sujet, une chose est sûre, elle n'a pas changé ! Pourquoi ? Parce qu'à mes yeux, l'auteur n'a aucune crédibilité. Malgré le respect que je dois à M. Dhavernas, comment peut-il espérer convaincre quiconque en insérant dans son texte le passage suivant :
Pourquoi? Parce que depuis longtemps le gouvernement fédéral et le reste du Canada ont compris que les deux langues et les deux cultures qui se côtoient sont un exemple unique au monde et sont au coeur même de l'essence et de la richesse de ce pays.
Dans l'opinion exprimée ci-haut (la citation), on retrouve un énoncé présenté comme un fait (le passage en caractère gras). Quelle abomination ! Le Canada est un exemple unique au monde où on trouve deux cultures et deux langues majoritaires ? N'importe quoi ! Les deux langues officielles, c'est un phénomène tellement unique ! Voyez par vous-mêmes.

Bref, quand vous écrivez un texte d'opinion (ou n'importe quel texte...) assurez-vous que les faits que vous avancez soient vrais. C'est un prérequis pour quiconque voulant un jour être pris au sérieux.

lundi 15 juin 2009

Lucidité ontarienne

Jim Balsillie, chef de la direction de Research In Motion (connue pour le BlackBerry), a fait les manchettes en fin de semaine. M'enfin, il a fait les manchettes pour autre chose que la saga des Coyotes de Pheonix, une franchise moribonde de la Ligue nationale de hockey qui pourrait devenir sa possession et déménager du même coup à Hamilton au sud-ouest de Toronto. M. Balsillie participait à une conférence organisée par le député provincial du comté de London. Il a dit ce qu'il pensait de la récession actuelle.

Articles ici et ici.

Mr. Balsillie, through a link at RIM in Waterloo, said economic stimulation is a necessity in the current economic climate. Problem is, he suggested, none of the great leaders of our time know what to do under the current economic climate, even U.S. President Barack Obama.

"Everyone is lost. The only thing some of them are good at is giving the impression, the illusion, the facade, that they know what they are doing. I absolutely, categorically assure you no one knows what they are doing right now and they are terrified."

Mr. Balsillie's fix-it suggestion took his audience back to medieval times, when Catholic cardinals were rounded up, placed in a church with bread and water and left to their own devices until they exited with a pick for a new pope.

He referenced Humpty Dumpty and fast food drive-ins.

"Reinflating Humpty, reinflating the economy or putting Humpty Dumpty back together again is insanity but allowing inflation to happen is chaos," Mr. Balsillie said.

An accomplished athlete and fitness enthusiast, he suggested the economy is about how we live, lamenting the fast food lifestyle, where people drive oversized cars to drive-thru restaurants and end up relying on doctors to fix years of poor lifestyle choices. "My instincts say that part of the answer lies there -- that is, we look after where we live and look after ourselves emotionally and physically and look after each other. Then the whole thing settles in a nice way."

Je dois l'avouer, j'ignorais que Humpty Dumpty a pratiquement disparu du marché des chips !

vendredi 12 juin 2009

Réélection d'Ahmadinejad et réflexion sur le fascisme

Je dois encore parler de l'Iran. Mahmoud Ahmadinejad sera de toutes évidences réélu comme président du république islamique iranienne. Mes condoléances aux Iraniens de la diaspora et à ceux vivant toujours là-bas qui ont la liberté à cœur. Mes condoléances à ceux et celles (surtout celles) faisant partie d'un des groupes démocraphiques réprimés par le régime terroriste de Téhéran (notamment les femmes, les gais et les lesbiennes, les arabes sunnites, les chrétiens et les juifs).

On peut se consoler (un peu) en se disant que les terroristes du Hezbollah a mangé une volée en fin de semaine passée.

En fin de semaine, je ferai une analyse de l'élection iranienne. Je devrai m'informer entre temps parce que je ne m'y connais pas pantoute ! J'espère qu'elle sera du même calibre que mon analyse sur les élections à la Knesset.

Le fascime n'est pas d'extrême-droite

En parlant de l'antisémite Ahmadinejad, j'ai eu une petite pensée pour le terroriste américain James von Brunn qui a tué un innocent au United States Holocaust Memorial Museum. De grands intellectuels, comme Richard Southpaw Hétu, blogueur en chef du Hétutistan, ont aussitôt dit que c'est du terrorisme d'extrême-droite. David Antagoniste.net Gagnon, pour sa part, croit que ce qu'il faut retenir (avec raison d'ailleurs), c'est que nous avions affaire à un fou. Tout simplement.

Je me suis alors demandé s'il était juste de qualifier d'extrême-droite les groupes néonazis, fascistes, antisémites, antinoirs, alouette. C'est un extrême, certes, mais de droite ? Les communistes, à l'extrême-gauche, planifiait l'économie. Les fascistes, eux, la dirigeait avec les syndicats et le patronat. Économiquement, communisme et fascisme, c'est loin d'être pareil, mais ce n'est pas complètement opposé non plus. Concernant les libertés individuelles, on s'entend-tu que communistes comme fascistes étaient totalitaires.

La conclusion de ma réflexion : "Et si le fascisme, c'est du centrisme autoritaire ?" De l'extrême-centre ! Extrême, dans la mesure où l'État, dans un régime fascisme, est totalitaire. Les volontés de l'État sont imposées aux individus. L'individu est annihilé dans le parti et dans la patrie. Exactement comme chez les régimes communistes. Le fascisme serait de centre puisque l'État coordonne le développement économique avec les syndicats et le patronat en intervenant dans l'économie. Du corporatisme, quoi ! Exactement comme nous en voyons à tous les jours en Occident.

L'extrême-droite, tant qu'à moi, serait plus proche d'un État à la fois minarchiste et totalitaire. Autrement dit, ça n'existe pas ! Sans blague, essayez d'imaginer comme un dictateur peut demeurer au pouvoir dans un État aucunement interventionniste qui, en même temps, ne cède aucun droit démocratique.

Stupidité ?

J'écoute jamais 98,5. Je ne sais pas quelle mouche m'a piqué, mais j'ai écouté ça 194 secondes hier après-midi. Paul Houde recevait Normand Lester. Je n'ai pas retenu mot à mot les propos de ce moule-à-gaufres, mais ça ressemblait à ceci :
La ligne dure de l'administration Bush à l'égard du régime théocratique iranien, ça vient de la stupidité de Dick Cheney, de George W. Bush et des républicains.
Quoi ? Insinuer que les républicains sont stupides ? Au moins 20 % des Américains, bon an mal an, se considèrent républicains. D'une élection à l'autre, environ la moitié de la population vote pour eux. Considérer les républicains de stupide, c'est ratisser large en simonac.

Rassurez-vous, l'humaniste que je suis est capable de s'abaisser au niveau d'analyse de Normand Lester. Un vrai pundit, quoi ! Ainsi, je clame haut et fort que :
La propension de l'administration Obama à nationaliser tout le monde et sa mère, ça vient de la stupidité de Joe Biden, de Barack Obama et des démocrates.
La seule différence entre moi et Normand Lester, c'est que moi, je niaise.

Anti-américanisme

La déclaration de Normand Lester pue l'anti-américanisme. J'en entends qui diront : "Mais il ne dénonce pas les Américains, juste les républicains". D'autres ajouteront : "Ce n'est pas cette Amérique que nous aimons. Nous aimons l'Amérique d'Obama". Or, lorsqu'on aime quelqu'un ou quelque chose, on l'aime en intégralité. On l'aime pour ses qualités. Et on l'aime malgré ses défauts. Quand on dénonce constamment et qu'on s'acharne ce qu'on perçoit être ses défauts, c'est qu'on ne l'aime pas tant que ça. Quand on insulte constamment les porte-paroles d'un parti et/ou d'un courant de pensée qui rejoint au minimum une minorité non-négligeable d'Américains, c'est qu'on ne porte pas les États-Unis dans notre coeur. Les États-Unis sans les conservateurs, ce ne sont pas les États-Unis. Ils sont une composante clée de la nation, comme le sont les libéraux et les modérés. Insulter les conservateurs, c'est mépriser une composante importante de l'être américain.

Comprenons-nous bien. Je ne vais jamais voter NDP ou Québec solidaire et je n'hésite pas à les critiquer. Mais jamais vous n'allez m'entendre traiter leurs membres de stupides. Du moins, pas en public.

P.S. Qui est Normand Lester pour juger que l'approche néoconservatrice est stupide et que l'approche néolibérale des relations internationales d'Obama est meilleure ? Je n'ai certes la prétention d'être en mesure de choisir quelle approche serait la plus appropriée dans le cadre des relations bilatérales USA-Iran. Étant certain que M. Lester ne me torche pas dans le domaine des relations internationales, je crois qu'il devrait s'en tenir à des affirmations moins antagonistes, moins manichéennes et moins condescendantes et faire preuve de plus de modestie dans son propos.

mardi 9 juin 2009

Confession

Moi qui mettait tous les artistes dans le même panier, j'avais tort. Il est toujours dangereux de faire des généralisations à partir de cas, aussi nombreux peuvent-ils être. Ainsi, même si à peu près tous les artistes sont des self-proclaim progressists, ce n'est pas tous les artistes qui le sont forcément.

Jon Voigt me l'a rappelé avec tact :

vendredi 5 juin 2009

Gratuité 101

Le personnage de la vidéo est-il plus loufoque que les bailouts ?



À vous d'en juger.

mardi 2 juin 2009

Cartoon story

Si vous aimez autant les dessins animés pour adultes que moi, voilà une Bonne Nouvelle : South Park doublé en québécois !

J'ai tellement hâte d'entendre ce gag - un des meilleurs que j'ai vu de ma vie (je n'aime pas l'humour de Rachid Badouri, de Jacques Demers ou de Jean-Marc Parent) - dans notre langue :



South Park est une des seuls émissions de divertissement de droite et sera dorénavant accessible au public québécois.

Quant au futur de nom de TQS, je suis prêt à enlever le copyright du nom de mon blogue...

Dire que je suis aussi compétent que Brian Deese...

Merci à Glenn Beck de Fox News pour cette courte biographie de Brian Deese, l'homme d'Obama qui devra démanteler GM :



Encore concernant GM : shocking !

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