samedi 22 août 2009

Quoi de neuf, M. Schiff ?

Peter Schiff est devenu relativement célèbre aux États-Unis après avoir correctement prédit les ratées des systèmes financier et immobiliers. Si vous voulez prendre de ses nouvelles, sachez qu'il compte se présenter à l'élection sénatoriale du Connecticut de 2010 dans le but de détrôner le sénateur démocrate Christopher Dodd.

M. Schiff a donné une entrevue à Reason.tv. La voici :

vendredi 21 août 2009

Je serai au Congrès 2009 de la CDJ

Je serai au Congrès annuel de la Commission des jeunes de l'ADQ à Lévis.

Je proposerai en plénière l'augmentation du salaire minimum à 100 $/h. Une telle mesure mettra enfin un terme à la pauvreté et à l'indigence. Si l'ADQ n'est pas réceptive à ces idées, je quitterai le parti illico.

Blague à part, j'ai hâte au Congrès. L'ADQ vivra au cours des deux prochains mois un événement important qui peut devenir un point culminant dans l'histoire du parti. Cette période de soixante jours commence de facto ce weekend.

Au plaisir de vous y voir (si vous y êtes, s'entend) !

Allez sur You Tube...

... tapez Gilles Taillon et cliquez sur Rechercher.

Le premier vidéo de la liste de résultats est le suivant :



J'ai déjà vu des vidéos un peu moins baveux.

jeudi 20 août 2009

Réactions locales (et mitigées) au rapport Gagné

Que toute personne élue à une charge municipale prenne l’engagement solennel, dès son assermentation, de respecter le code d’éthique et de déontologie de sa municipalité.

Que la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités soit modifiée de façon à ce que la déclaration d’intérêt que doit faire un membre du conseil d’une municipalité soit élargie à ses intérêts personnels et à ceux des membres de sa famille immédiate, que ces intérêts soient pécuniaires ou d’une autre nature.

Que chaque conseil municipal prenne les moyens pour que ses membres aient accès à une formation adéquate en matière d’éthique et de déontologie et qu’ils la reçoivent obligatoirement en début de mandat et, par la suite, selon les besoins manifestés.

Que le conseil municipal évalue la pertinence d’établir un code d’éthique et de déontologie pour les employés municipaux dans l’exercice de leurs fonctions.

Que le répondant à l’éthique soit désigné par le conseil des municipalités de plus grande taille ou par la MRC pour les autres municipalités.

Que le mandat et les pouvoirs des commissaires à l’éthique et à la déontologie oeuvrant dans le milieu municipal ainsi que la procédure applicable devant eux soient prévus dans la loi de façon à en assurer l’homogénéité et à permettre un traitement équitable des personnes en cause.

Les maires de ma région ont réagi à la publication du rapport Gagné.

Je retiens les citations suivantes :
«C’est bien beau d’avoir un code d’éthique, mais avec ce qui est proposé pour le moment, il n’a pas de dents. Si quelqu’un déroge à ce code, quelles seront les conséquences?» se demande Jacques Ladouceur, maire de Richelieu.
Le rapport propose entre autres qu’il y ait un commissaire à l’éthique dans les MRC. «Pour le moment, il n’y a rien de concret. Le rapport est tout juste une ébauche. Si on est obligé par la législation d’avoir un code d’éthique ou un commissaire à l’éthique, le gouvernement va devoir prévoir un fond rattaché pour permettre aux villes et aux MRC de se conformer», indique Michel Picotte, maire de Sainte-Angèle-de-Monnoir et préfet de la MRC de Rouville.
Pour le moment, les recommandations laissent à la discrétion de chaque municipalité de se doter ou non d’un code d’éthique. «Mais pourquoi le gouvernement ne propose-t-il pas un code pour tous? Il régit déjà les municipalités avec la Loi sur les cités et les villes. Si on laisse les municipalités décider, ça va varier beaucoup, certaines villes vont aller plus loin que d’autres», conclut M. Ladouceur.

Éric Caire : voir plus grand en éducation

Éric Caire présente aujourd'hui sa plateforme en matière d'éducation. Comme Joanne Marcotte le mentionne, l'équipe Éric Caire entend s'en prendre à certaines vaches sacrées.
La raison est simple: le milieu de l'éducation est miné par un ensemble de vaches sacrées qu'il est temps d'abattre. J'ai beaucoup lu sur le sujet dans la dernière année: des livres écrits par des enseignants, des rapports et des études. Les études et les rapports, ça ne manque pas au Québec! Ce qui manque, c'est encore une fois le courage d'énoncer les tabous et d'agir.

L'Équipe Éric Caire en est là.

À la vache sacrée de réforme et au culte du socioconstructivisme, elle propose la fin de la réforme, une révision des programmes et une révision de la formation des maîtres. Il est grand temps de nous rassurer: on veut revenir aux matières de base, on veut pouvoir évaluer ce qu'apprennent nos enfants et on veut savoir si notre direction d'école fait ce qu'il faut pour que tous les enfants y trouvent leur compte - et j'ajouterais, surtout nos garçons!

À la toute-puissance des fonctionnaires du ministère de l'Éducation, elle propose l'autonomie des écoles et le respect de l'autonomie professionnelle des enseignants.

À l'unilinguisme et la peur de l'anglais, elle offre une ouverture sur le monde et le bilinguisme à la fin du secondaire.

À la folie de l'intégration obligatoire qui finalement, nuit bien plus qu'elle n'aide les élèves en difficulté, elle soutiendra les projets-écoles et la communauté participante dans leur désir d'adapter les services aux besoins de leurs élèves.

Aux conventions collectives rigides qui se préoccupent davantage de la mobilité du personnel que de la stabilité des équipes-écoles, l'Équipe Éric Caire priorise la stabilité du personnel enseignant et la liberté des directions d'écoles d'embaucher et de congédier leur personnel - comme le font les écoles privées, d'ailleurs.

À la bureaucratie ministérielle et des commissions scolaires, l'ADQ avec Éric Caire aboutit à l'allégement des structures et une gouvernance qui se situe au niveau de l'école et non pas au niveau des commissions scolaires!

Enfin au gel des droits de scolarité universitaire, Éric Caire met fin aux discours électoralistes et idéologiques, ajuste les droits de scolarité et s'assure d'une aide financière plus ciblée pour les étudiants qui en ont réellement besoin.

Comment prendre une décision stupide 101

Une commission scolaire du Manitoba songe à jeter aux ordures les bulletins chiffrés à l'école pour les substituer par des bulletins avec seulement quatre notes possibles.

Pour plus d'infos (en anglais seulement) : ici.

Espérons qu'on prendra le meilleur moyen pour permettre aux parents d'en savoir le plus possible sur les résultats de leur enfant à l'école.

mercredi 19 août 2009

Un peu de fair play, c'est-tu trop demandé ?

Pas vraiment...

Je fais référence à la position de François Bonnardel, pour qui Jeff Plante n'est pas le bienvenu à l'ADQ. Ma réplique à la position de Bonnardel est extrêmement simple : nous avons tous joué selon les règles mises en place avant le début de la course aux mille signatures. Si les règles en place ont permis à un outsider trop marginal ou trop controversé aux yeux de certains d'être candidat à la chefferie de l'ADQ, c'est peut-être bien plate pour certains, mais c'est la game. Dans le même sens, si la candidature de M. Plante est invalidée par lesdites règles, ainsi soit-il.

C'est d'ailleurs un peu le propos d'Éric Caire. M. Caire a émis des doutes quant à la validité de la candidature et non pas sur sa légitimité.

David Chrétien a écrit un brillant texte à ce sujet. Nous partageons la même position quant à la légitimité de la candidature de M. Plante si celle-ci est validée.

Dans la vie, on a le droit de ne pas aimer ses compétiteurs. On peut même les détester si ça nous enchante. On doit toutefois avoir du respect et de la considération envers eux. Moi, j'appelle ça faire preuve de fair play.

Si vous ne savez toujours pas ce que c'est du fair play, ce vidéo va vous éclairer :



Nous aurons donc vraisemblablement droit à une course à quatre. À quatre, la campagne ne sera vraiment pas cacophonique et n'entraînera pas de difficultés logistiques supplémentaires inhérentes aux courses à huit ou neuf candidats (voir les deux dernières courses au leadership majeures au pays : PQ2005 et PLC2006).

Nos boys sont en Afghanistan pour ça

Le premier tour de l'élection présidentielle en Afghanistan sera tenu demain. On peut trouver des informations sur les principaux candidats de la présidentielle ici. Évidemment, quand un État ne contrôle pas l'intégralité de son propre territoire, il est difficile (c'est un euphémisme) de maintenir un climat assez pacifique pour que la journée électorale se déroule sans heurts. On peut présumer, en voyant ceci, que les Afghans auront besoin d'une certaine dose de courage pour exercer leur droit de vote.

Certains croiraient que les Canadiens ont déjà fait plus que leur part en Afghanistan (d'autres pensent le contraire), mais on ne peut nier que la contribution des soldats québécois, canadiens et des autres pays de l'OTAN présents en Afghanistan apportent des résultats tangibles relativement à la démocratisation du pays.

Il ne faut toutefois pas jouer à l'autruche. Les moeurs électorales sont encore très rudimentaires. Bien qu'on s'en va dans la bonne direction, il reste donc plusieurs pas à faire avant de voir en Afghanistan une vie démocratique semblable à ce que l'on peut voir présentement dans la grande majorité des pays industrialisés.

mardi 18 août 2009

Une bonne nouvelle !

Notons d'emblée que je suis de retour ! J'ai quitté la blogosphère pendant une quinzaine. Ce n'était pas un départ prévu d'avance. Disons que j'avais certaines occupations lors de cette période qui m'ont forcées à réduire le temps que je pouvais allouer à la blogosphère.

La course à la chefferie de l'ADQ est enfin commencée ! Une course à 4. Même si j'appuie Éric Caire, je suis vraiment heureux que Jean-François Plante ait obtenu les mille signatures requises pour officialiser sa candidature. De par ses idées et sa personne, je crois que M. Plante a le potentiel de rendre la campagne encore plus intéressante.

On peut presque dire que la campagne prendra véritablement son envol ce weekend prochain lors du congrès des jeunes adéquistes à Lévis. D'ailleurs, nous assisterons dimanche matin au premier de quatre débats entre messieurs Caire, Lévesque, Plante et Taillon.

mercredi 5 août 2009

Un député avec aucune base en économie

Décidément, Yves Lessard a échoué son cours d'économie 101 quand il avait moins de cheveux gris. Pas pour rien qu'il s'est trouvé à la CSN. Son parcours de syndicaliste lui permet d'être habile dans l'art de se faire du capital politique sur le dos des travailleurs. Voici son communiqué de presse publié dans l'édition du 4 août du Journal de Chambly.
Bilan de session très actif pour Lessard

La session parlementaire qui a pris fin à Ottawa a été marquée par la crise économique, sujet couvrant le champ d'interventions du député Yves Lessard, porte-parole du Bloc Québécois en matière de Ressources humaines et Développement social. "L'assurance-emploi n'a jamais été autant à l'avant-plan que durant cette dernière session. Rares sont les régions qui ne sont pas touchées par des mises à pied et nous devons venir en aide à ces travailleurs qui ont perdu leur emploi", appelé le député de Chambly-Borduas.
Pour remédier à la situation, le Bloc Québécois a déposé quatre projets de loi concernant l'assurance-emploi. Parmi ceux-ci, il y a C-308, incidemment déposé par le député Lessard, visant à rendre le régime plus accessible. Présentement, rappelons que seulement 45 % des travailleurs bénéficient de prestations d'assurance-emploi lorsqu'ils perdent leur emploi.
"En privant les chômeurs de leur droit à des prestations, le gouvernement appauvrit non seulement leur famille mais toute notre économie locale. Avec le taux de chômage actuel, ce sont plus de 30 millions $ de dollars par année qui échappent à l'économie de notre circonscription", a notamment rappelé le député dans son bilan de fin de session.
En donner plus aux chômeurs, c'est une dépense gouvernementale. Pour financer une dépense, ça prend une rentrée d'argent. Les trente millions de $ qui manqueraient à la circonscription, vous les prendriez où ? Dans les poches des gens de votre circonscription ? Dans les poches des gens de la circonscription voisine ? Dans dans les poches des générations futures ? Ou dans les poches de Jack Skellington ?

Avec un nom comme le mien...

C'est vraiment dommage que je ne sois pas un Vert.

mardi 4 août 2009

La tête dans le sable

Martin-Karl Bourbonnais, président de la Commission des jeunes de l'Action démocratique du Québec, a écrit le genre de texte que j'aurais bien aimé signer de ma propre main.

En fin de semaine, les jeunes libéraux auront une occasion en or: celle de profiter de leur congrès pour dire à Jean Charest que les déficits qu'il a prévu de faire au cours des prochaines années sont inacceptables pour les générations futures.

C'est maintenant officiel, la dette du Québec par rapport à son PIB deviendra la plus grande au Canada d'ici 2011. Même Terre-Neuve fera moins pire que nous. Au cours des cinq prochaines années, 9,4 milliards de dollars disparaîtront annuellement du budget du Québec uniquement pour payer les intérêts sur cette dette. C'est la dépense la plus importante du gouvernement après la santé et l'éducation. Et ce chiffre va en augmentant.

Additionnez à cela les pertes de la Caisse de dépôt et le vieillissement de la population et nous avons devant nous un mur qui approche à vitesse grand V. Et que fait Jean Charest? Il pèse sur l'accélérateur. Le projet de loi 40, reporté en toute fin de session parlementaire à l'automne, va suspendre la loi sur l'équilibre budgétaire et ainsi ouvrir la porte à des déficits successifs au cours des prochaines années. Les dépenses du gouvernement, elles, continuent de grimper.

Dans les derniers mois, nous avons lancé deux défis à ce sujet aux jeunes libéraux. Le premier défi a été de demander avec nous le remboursement direct de la dette plutôt que de miser sur le Fonds des générations, qui n'a apporté aucun résultat concret depuis sa mise en place. Le président des jeunes libéraux, Julien Gagnon, est resté muet sur la question.

Le second défi était de s'opposer au projet de loi 40, comme toutes les autres organisations jeunesses l'ont fait lors de la dernière session parlementaire. Même Force Jeunesse qui, il y a à peine quelques mois, appuyait les jeunes libéraux, s'y est opposée. Encore une fois, plutôt que de faire preuve de courage politique et de défendre l'intérêt des générations futures, le président des jeunes libéraux a fait comme les mentors de son parti: de la petite politique en émettant des communiqués truffés de faussetés sur les autres groupes jeunesses.

Lorsque vous entendrez Julien Gagnon en fin de semaine s'autoproclamer grand défenseur de l'équité entre les générations, souvenez-vous qu'il a eu l'occasion à maintes reprises de poser de vrais gestes pour défendre l'avenir des générations futures et qu'il a plutôt préféré faire de la partisannerie politique. Il est grand temps que les jeunes libéraux arrêtent de jouer à l'autruche et qu'ils se sortent la tête du sable! S'ils se soucient vraiment de l'équité intergénérationnelle, pourquoi donc se fermer les yeux sur les enjeux criants et faire passer l'image politique avant l'avenir économique du Québec?

S'il y a un enjeu sur lequel l'esprit de parti devrait être laissé de côté, c'est bien la justice entre les générations. Il y a eu une époque où la Commission jeunesse du PLQ avait le courage de s'opposer à son parti lorsque ses politiques étaient inacceptables. Est-ce que le président des jeunes libéraux est capable de faire preuve d'un tel courage politique? Profitera-t-il de leur congrès en fin de semaine pour s'opposer au projet de loi 40 et demander le remboursement direct de la dette, ou fera-t-il de la politique partisane à l'image de l'establishment libéral?

Drôles d'énergumènes !

Je n'ai jamais rien vu de tel ! Ne me demandez pas comment ni pourquoi, mais je suis tombé sur ÇA hier.
Plus d'info en anglais ici.

Si Christian Lévesque a peur des étiquettes, certains les collectionnent !

lundi 3 août 2009

C'était une blague, Christian

Voici un extrait de mon commentaire du mois dernier à la suite d'un billet de Marc Nadeau sur la plateforme vide de Gilles Taillon.
De petites modifications ont été apportées au commentaire original puisque la qualité du français laissait à désirer.
Je n'ai jamais compris comment on peut être un "candidat de l'économie". Personne ne peut avoir une expertise en économie, mais plutôt dans un des champs des sciences économiques. Être "candidat de l'économie", ça ne veut absolument rien dire... Après tout, Léo-Paul Lauzon et Martin Masse pourraient tous deux se targuer d'être des "candidats de l'économie" ! Les étiquettes sont toujours réductrices, mais celle-ci, que M. Taillon s'est lui-même donnée, est au contraire tellement vague. Dans le même registre, je propose à Gilles Taillon de s'auto-proclamer le candidat du "gros bon sens" !
M. Lévesque, je ne proposais rien à M. Taillon, je faisais dans l'ironie...

dimanche 2 août 2009

Taxer les gens par amour pour le foot (2)

Hier, j'ai fait un post sur le financement public des infrastructures des clubs sportifs professionnels. Aujourd'hui, je me penche sur la dimension montrélaise de ce sujet..

Les Alouettes de Montréal, le club professionnel de football canadien, évolue depuis 1998 au Stade Percival-Molson de l'Université McGill, stade construit en 1915. Pendant les dix dernières années, le stade a été rénové très modestement et sa capacité est passée de 17 317 de 20 212 sièges. Le Stade Molson demeure néanmoins un endroit où les spectateurs n'ont droit à aucun luxe (exemple : un siège est en réalité un numéro imprimé sur un banc de métal fixé sur le béton n'a même pas de dossier, comme vous pouvez le voir ici). Pour assurer la survie à long terme des Alouettes, le propriétaire Robert C. Wetenhall juge que son équipe doit évoluer dans un meilleur environnement. La solution de M. Wetenhall : agrandir le stade de façon plus considérable. Il a finalement pu convaincre les politiciens des différents paliers municipaux d'engager des fonds publics dans l'agrandissement du stade. Résultat, le stade comptera plus ou moins 25 000 sièges (photos ici). Le projet coûtera 29,4 millions de $. Québec dépensera 19,3 millions, Montréal 4 millions et 6 millions viendront de la poche de M. Wetenhall. Plus de 23 millions de $ provenant des Montréalais et des Québécois permettront donc à un stade complètement désuet de devenir un stade un tout petit peu moins désuet. Dit autrement, dépenser 23 millions de $ pour insérer 5 000 nouveaux "sièges" dans un stade complètement dépassé et quasiment inaccessible bien qu'il soit proche du centre-ville, ce n'est certainement pas le meilleur investissement au monde.

L'Impact de Montréal, le club de soccer professionnel de Montréal, s'est bâti un stade lors des dernières années. La construction du Stade Saputo a été entièrement financée par le privé. La famille Saputo (Joey Saputo est le président de l'Impact) a allongé les billets verts en payant la moitié de la somme totale de la construction du stade alors que l'autre moitié provient du milieu des affaires. Résultat : pour seulement 14,1 millions de $, le club a un stade flambant neuf un peu loin du centre-ville (littéralement à côté de Stade Olympique) mais néanmoins facilement accessible. Le stade n'est pas d'une grande qualité. M'enfin, c'est plus un terrain de soccer avec des bleachers sur trois côtés qu'un stade à proprement dit. Or, le stade doit être agrandi et amélioré pour que l'Impact puisse rejoindre la meilleure ligue professionnelle de soccer aux États-Unis (et au Canada), la Major League Soccer (MLS). Selon les dires du commissaire de la MLS, l'Impact rejoindra la MLS en 2011 ou en 2012. Pour ce faire, le club paiera lui-même les frais d'entrée (35 millions de $US payés sur cinq ans) et le gouvernement québécois paiera la note pour l'agrandissement et l'amélioration du Stade Saputo (environ 25 millions de $). La capacité du stade passera de 13 034 sièges à entre 18 000 et 21 000 sièges.

Voici de quoi pourrait avoir l'air ce stade :


D'un point de vue de fan du club montréalais, le projet m'emballe. D'un autre côté, je trouve ça d'un ridicule... S'il y a un palier de gouvernement qui pourrait subventionné l'Impact, ça devrait être la Ville de Montréal et/ou l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Si le franchise montréalaise de la MLS amenait des retombées économiques, elle en apporterait à Montréal et à l'arrondissement, pas au Québec. Prenons moi par exemple, le 40 $ que je dépenserai pour assister à une partie sera un 40 $ que je ne dépensera dans ma communauté.

Est-ce dans l'intérêt des Québécois de subventionner l'Impact ? Y aura-t-il bien des non-Québécois qui viendront voir jouer l'Impact dans la MLS et qui ne viennent pas le voir jouer actuellement alors qu'il évolue dans le circuit inférieur ? J'en doute.

Le même raisonnement s'applique aux Alouettes, une équipe évoluant dans un circuit mineur extrêmement méconnue aux États-Unis. S'il y a des gens de l'État de New York ou de la Nouvelle-Angleterre qui viennent à Montréal pour voir jouer les Alouettes, appelez-moi Benoît XVI. Peut-être y a-t-il une poignée d'Ontariens dans les gradins, sans plus.

Si je peux jouer à l'avocat du diable, les 25 millions de $ tirés des deniers publics pour le Stade Saputo auront au moins le mérite de procurer à Montréal un stade en plein-air de qualité alors que les 23 autres millions de $ permettront à un stade antique d'être un peu moins minable. Je ne trippe pas fort sur la subvention que Québec s'apprête à accorder à l'Impact, mais il s'agit sans doute d'un meilleur investissement pour l'avenir du sport professionnel montréalais que le développement du Stade Percival-Molson.

samedi 1 août 2009

Taxer les gens par amour pour le foot

En Amérique du Nord, il est pratique courante de subventionner la construction de nouveaux amphithéâtres sportifs destinés aux franchises professionnelles. Nous pouvons penser au nouveau stade des Nationals de Washington (anciens Expos de Montréal). Le District de Columbia (DC) a débloqué 611 millions de $US pour la construction d'un stade de baseball pouvant accueillir une équipe de baseball majeur. Vous avez bien lu ! Pire, le coût total s'est élevé à 693 millions de $US ! Un coût entièrement assumé par les contribuables. Les gens de Washington sont-ils si friands de baseball ? Apparemment non. Il s'agirait d'un des moins bons marchés du baseball majeurs. En 2009, ils se classent au 25e rang (sur 30) au niveau des assistances et ont de loin les pires cotes d'écoutes du baseball majeur. Étant si peu populaires, on peut parier que les Nationals ne sont probablement pas beaucoup plus rentables qu'ils ne l'étaient dans leur ancien stade. Retenons surtout qu'un montant d'argent considérable provenant des contribuables a été englouti dans l'aventure.

Étant donné que les Nationals ne sont pas populaires, on peut se poser la question suivante : Est-ce que les électeurs de DC auraient, de façon volontaire, donné plus de 600 millions de $ aux Nationals (par le biais de la hausse du prix des billets et des produits dérivés par exemple) ? Poser la question est y répondre. Comment les élus ont-ils pu voter en faveur de cette dépense gouvernementale ? Comment les élus ont-ils pu voter contre l'intérêt général des contribuables ? J'ai une piste de réponse. La franchise du baseball majeur a probablement eu recours à la fameuse notion des retombées économiques pour convaincre les élus. Exemple de retombées économiques : les Nationals ont peut-être convaincu la municipalité que de nouveaux commerces s'installeraient près du stade et qu'ils auraient de bons chiffres d'affaires grâce aux nombreux fans de l'équipe circulant dans les milieux environnants.

Lorsque je pense à la notion de retombées économiques, je pense immédiatement à ce que Nathalie Elgrably a écrit dans son livre "La face cachée des politiques publiques". Elle y consacre un chapitre sur les retombées économiques, "un calcul souvent employé pour évaluer les conséquences économiques de divers projets".
"Cette méthode fait paraître rentable n'importe quel projet, même le plus grotesque, car elle convertit invariablement une dépense en un revenu équivalent. Ainsi, même le financement public d'un centre de recherche voué au calcul de l'espérance de vie des libellules par temps humide se révélera un projet rentable au terme d'une analyse des retombées économiques, car chaque dollar dépensé par l'État représente fatalement un revenu identique pour un travailleur".
Concernant les stades pour le sport professionnel, les propos d'Elgrably sont justes.
"La méthode des retombées économiques [...] laisse sous-entendre que l'activité économique prévue n'aura lieu que si le projet à l'étude est réalisé. C'est d'ailleurs très souvent l'argument invoqué par les équipes sportives lorsqu'elles tentent de convaincre la ville hôte d'assumer, par exemple, les coûts de construction d'un nouveau stade. Elles insistent alors sur le fait que leur présence attirera des spectateurs et profitera ainsi à une multitude de commerces, du vendeur de hot-dogs au fabricant de casquettes, en passant par le fabricant de crème solaire. Cette argumentation suggère implicitement que l'absence de l'équipe privera l'économie locale d'un spectaculaire feu d'artifice économique. En suivant la même logique, nous pourrions également affirmer sans difficulter que si Christophe Colomb n'avait pas découvert l'Amérique, personne ne l'aurait fait. Bien entendu, cette dernière affirmation est burlesque, mais celle des équipes sportives l'est tout autant".

Un match sportif n'est rien de plus qu'un mode de divertissement parmi tant d'autres. On peut facilement imaginer que si l'équipe n'existait pas, les gens choisiraient de se divertir autrement et iraient peut-être au cinéma ou au restaurant. Ainsi, une dépense de 20 $ générera toujours les mêmes retombées économiques, qu'elle permette d'assister à une rencontre sportive, de voir un film ou de danser toute la nuit".
Demain, je vous ferai part de ce qui se passera à Montréal. Vous verrez que les contribuables ont été taxés par amour pour le foot et qu'ils le seront encore prochainement. Le Stade Molson de l'Université McGill, où évoluent les Alouettes, sera rénové alors que le Stade Saputo, où évolue l'Impact, sera grandement amélioré. La grande partie de ces travaux sera en effet financée par les contribuables.

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